
La formation continue coûte de l’argent et du temps – deux ressources souvent rares, justement chez les travailleurs temporaires. C’est exactement là qu’intervient temptraining, le fonds de formation continue de la branche temporaire suisse : il cofinance les cours et compense la perte de gain pendant les jours de formation. Dans notre pratique du conseil, nous constatons pourtant régulièrement que ce droit est tout simplement méconnu – et qu’un potentiel de formation reste ainsi inexploité année après année. Cet article explique d’où vient le fonds, qui en profite, ce qui est financé et comment procéder concrètement.
D’où vient temptraining
temptraining est une œuvre commune des partenaires sociaux de la CCT Location de services : la partie patronale et les syndicats ont créé le fonds ensemble pour renforcer de manière ciblée l’employabilité des travailleurs temporaires. La logique est imparable : les travailleurs temporaires changent d’entreprise plus souvent que les employés fixes et passent donc fréquemment entre les mailles de la formation continue interne classique – aucune entreprise de mission ne se sent responsable à long terme. Le fonds de branche comble cette lacune, financé par des contributions prélevées dans le cadre de la CCT. La formation continue cesse ainsi d’être un hasard pour devenir une prestation structurellement garantie par la branche.
Qui y a droit
La condition de base est volontairement accessible : qui a travaillé au moins 88 heures en temporaire sur douze mois – donc en étant soumis à la CCT Location de services – peut demander un soutien. Cela correspond à peine à deux bonnes semaines de mission à plein temps ; les heures peuvent être réparties sur plusieurs missions et différentes agences. Important à savoir : le droit est attaché à votre personne, pas à la mission en cours. Vous pouvez aussi déposer une demande entre deux missions, tant que vous justifiez des heures exigées dans la période de référence. Vos fiches de salaire servent de justificatif – une raison de plus de les conserver soigneusement.
Ce qui est financé
Le fonds soutient les formations orientées vers le marché du travail avec des contributions jusqu’à CHF 5'000 aux frais de cours – et, en plus, avec une compensation de perte de gain pour le temps pendant lequel vous ne pouvez pas travailler à cause du cours. Cette seconde composante est souvent négligée, alors qu’elle est décisive pour beaucoup : elle rend la formation continue réaliste aussi pour ceux qui ne pourraient pas se permettre une absence non payée. Contenus typiquement soutenus dans nos secteurs : cours de cariste, permis de grutier et de nacelle, certificats de soudage, cours de sécurité, cours de langue, bases informatiques ou préparations aux diplômes fédéraux. Le critère décisif est le lien avec l’employabilité – les cours de pur loisir n’en font pas partie.

